Suivre la biodiversité avec l'intelligence artificielle #1
- 25 nov. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 28 nov. 2025

L'utilisation conjointe des drones et de l’intelligence artificielle change la manière dont la faune sauvage est observée, identifiée et comptée. Une publication parue en juillet 2025 décrit comment ces technologies permettent un monitoring plus précis, plus rapide et plus étendu des populations animales.
Le suivi de la biodiversité repose traditionnellement sur des méthodes d’observation manuelle ou aérienne, souvent coûteuses et limitées par le terrain, la météo ou l’étendue des espaces à parcourir. L’arrivée des drones couplés à l’intelligence artificielle améliore les choses. Ces dispositifs permettent de survoler de vastes zones naturelles, d’enregistrer des images de haute qualité et d’analyser automatiquement la présence et le nombre d’animaux grâce à des modèles de vision par ordinateur. Un article publié en juillet 2025 par Wiley Online Library met en lumière ces avancées et les premières applications concrètes sur le terrain.
Le principe est le suivant : des caméras embarquées sur les drones capturent des images aériennes que des algorithmes de deep learning décodent ensuite. Les modèles identifient les silhouettes animales, reconnaissent les espèces et estiment les effectifs avec une précision croissante. Cette combinaison technologique, longtemps expérimentale, atteint désormais un niveau de fiabilité qui permet des déploiements dans des réserves, des parcs nationaux ou des zones écologiquement sensibles.
Parmi les exemples présentés, les travaux menés en Afrique australe illustrent cette évolution : des drones sont utilisés pour repérer automatiquement des animaux sauvages dans de grands espaces ouverts, et l’IA attribue à chaque individu une étiquette d’espèce avant d’agréger les données à l’échelle d’un territoire.
Rapidité d'analyse avec l'IA et suivi de la biodiversité
Le cœur de l'amélioration réside dans la rapidité d’analyse. Au lieu de dépouiller manuellement des milliers d’images, les gestionnaires de la faune disposent désormais d’un flux automatisé fournissant en quelques minutes des informations exploitables. Cette dynamique offre un avantage décisif dans le suivi des populations animales. Elle permet de repérer des variations soudaine d’effectifs, des comportements inhabituels ou des concentrations anormales d’animaux. Elle améliore aussi la capacité de réaction face à des menaces bien connues : braconnage, dégradation des habitats, pressions humaines sur les zones protégées.
Les avancées présentées dans la publication montrent que l’IA parvient à distinguer des espèces proches dans des environnements variés, même lorsque les conditions de lumière ou la végétation compliquent l’exercice. Des modèles convolutionnels entraînés sur des milliers d’images permettent de repérer des individus en mouvement, cachés partiellement ou visibles uniquement de manière fragmentaire. Au-delà de l’identification, la possibilité de cartographier en quasi-temps réel la présence d’animaux ouvre des perspectives nouvelles pour la gestion des territoires et des corridors écologiques.
Malgré une dynamique positive, plusieurs obstacles subsistent.
La qualité des données dépend de l’altitude de vol, du type de capteur, de la densité végétale ou des conditions météorologiques. Les espèces discrètes ou de petite taille restent difficiles à détecter, tandis que les environnements forestiers posent encore des défis techniques. L’autonomie des drones limite par ailleurs la couverture spatiale, nécessitant souvent plusieurs vols successifs.
L’article souligne également les précautions à prendre pour éviter de perturber les animaux. Certains individus réagissent au bruit ou à l’ombre du drone, ce qui peut fausser les relevés ou entraîner du stress. Les questions juridiques ne sont pas en reste : autorisations de survol, protection des données et normalisation des protocoles de collecte restent des points sensibles.
Au delà de ces limites, la trajectoire demeure claire : drones et IA prennent une place croissante dans les outils de suivi écologique. Ils enrichissent les méthodes traditionnelles, améliorent la précision des inventaires et offrent une vision dynamique des écosystèmes. Cette évolution technologique intervient à un moment critique, alors que les pressions sur la biodiversité ne cessent de s’intensifier. Mieux observer, c’est mieux protéger :-)
A suivre, le 2ème épisode :
Toute la série est disponible sur omestra.com
Une IA presque « parfaite »... Une série à snacker en attendant noël


